Comment le financement du cinéma entrave la création indépendante.

Le cinéma que nous défendons est un cinéma de guérilla, un cinéma indépendant, un geste créatif authentique.
Préserver cette liberté est un défi. Liberté de travailler avec ceux qu’on choisit alors que les financements imposent les nationalités des prestataires. Liberté de créer alors que les bailleurs de fonds donnent leurs « recommandations » sur le scénario. Recommandations qui s’avèrent être des exigences qui conditionnent l’aide financière.
Depuis le début, nous n’avons fait aucun compromis. C’était vrai pour DEM DEM!, c’est encore vrai pour notre premier long métrage. Nous acceptons le prix à payer pour cela.
Ici, l’ambition est de tourner un film majoritairement sénégalais avec une société de production sénégalaise, avec une équipe majoritairement sénégalaise, parce que le film est tourné à 90% au Sénégal. Mais rares sont les financements européens qui favorisent cette vision. La plupart exigent que 50 voire 100% de la somme soit dépensée sur le territoire national.
Face à ce constat, comment défendre notre vision?
Il y a un ancien monde qui s’accroche à ses privilèges, qui comprend mal la nouvelle génération. Aujourd’hui, la création ne se trouve plus seulement dans les musées, on la trouve sur les réseaux sociaux, dans les espaces alternatifs. Ces espaces transcendent les frontières. Les identités natinales deviennent poreuses à toute sorte d’influences. Ce monde-village s’accomode mal des courtes vues de quelques privilégiés. Il est temps de laisser place à la relève. Il est temps de faire confiance à la jeunesse qui s’annonce.

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