Biennale de Dakar: trois films de Wasis Diop à l’affiche

Le compositeur Wasis Diop, attendu pour ses albums, présente trois films durant la Biennale de Dakar. Tout en travaillant à ses chansons et des musiques de film, il ne cesse de tourner des images, depuis plusieurs années. Pas seulement pour témoigner de la vie de Joe Ouakam, fondateur du laboratoire Agit’art, ou encore de Bouna Medoune Seye, artiste underground et figure de Dakar, tous deux disparus en 2017. Son principal documentaire, Une Afrique fantôme, s’attaque à un sujet sensible et difficile : les crimes rituels.

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Banlieue Films Festival – 3ème édition › L’œuvre et la vie de Abdel Aziz Boye magniées

Décédé le 9 novembre 2017, le réalisateur et fondateur de Ciné­banlieue et Ciné­Ucad, Abdel Aziz Boye, est encore présent dans les esprits. La cérémonie d’ouverture de Banlieue festival films a été marquée le vendredi dernier par des hommages qui lui ont été rendus. Ses amis, ainsi que ses parents et collègues, tous ont parlé d’un homme qui a consacré toute sa vie à la transmission du savoir. Parti du Sénégal où il est né il y a 64 ans, «il voulait apprendre à faire des films. Mais son commerce avec le 7e art remonte à sa prime jeunesse. Le cinéma le fascinait, les réalisations de Sembène Ousmane notamment l’encourageaient et l’ont conforté dans son choix», raconte son frère Pape Malick Boye car, rappelait­il, autodidacte, Sembène était parvenu à la maîtrise de son art par le travail et la persévérance. Il reviendra sur le séjour du défunt à Nouakchott en Mauritanie, où il fréquentait régulièrement le Centre culturel français. «Il a commencé à écrire des nouvelles et à réaliser des montages de diapositifs sur les conditions de vie des étrangers en Mauritanie. Aziz était surtout préoccupé par la situation de tous ces jeunes qui n’avaient pas su trouver une insertion», témoigne­t­il. Selon lui, rangeant les films et scenarios dans les tiroirs, il a décidé de s’investir dans la formation des jeunes au métier de cinéma. «A l’Ecole supérieure polytechnique de l’Ucad où il travaillait au centre multimédia en qualité de réalisateur et à Ciné­banlieue aux Parcelles Assainies, en passant par Guinaw Rail et Guédiawaye, il a donné son savoir à des dizaines de jeunes qui sont devenus maintenant des cinéastes connus», renseigne son frère. On retient que M. Boye avait compris de son vivant que la relève cinématographique «passe nécessairement par le partage de connaissances avec la jeune génération». Dans le même sillage, Baba Diop, journaliste et critique cinéma, a estimé que ce que le réalisateur disparu faisait, c’est de pousser les jeunes à s’exprimer, en prenant en charge leurs préoccupations, et leur laissait la liberté d’écrire leurs scenarios. «Il n’intervenait pas pour vous dire ce qu’il faut faire. Parce qu’il avait conscience que vous êtes d’abord des adultes, vous avez un vécu, vous savez mieux que quiconque ce que vous voulez exprimer. Donc, son accompagnement était là, réel», dixit M. Diop. Non sans ajouter qu’il a fait quelque chose d’admirable qui est «de relier les anciens avec les jeunes. Parce que le fil était rompu. Il a travaillé avec vous aussi sur l’ouverture». Pour Moussa Sène Absa, Abdel Aziz Boye «a semé une belle graine de manière très désintéressée. Il s’est offert lui­même au cinéma. Il aurait pu se dire moi aussi je vais faire des films comme tout le monde. Et non, il a décidé qu’il va consacrer sa vie à la transmission. A chaque fois que je le voyais, il me parlait de cinéma». Par ailleurs, le cinéaste a invité les jeunes à prendre la balle au rebond. «Cherchez la connaissance, prenez en main le cinéma sénégalais ! Vous êtes capables de faire des films comme les grands cinéastes de ce monde. Et la meilleure façon de rendre hommage à M. Boye, c’est la perfection», conseille­t­il. Lequotidien